Défistival 2010

28 juillet 2010

img3627Le Défistival relève le défi du handicap pour la 8eme fois ! Ce festival de tous les handicaps, pour les personnes handicapées et tous les autres, a lieu le samedi 18 septembre 2010 au Champ-de-Mars (Place Joffre-Paris 7e) de 11h à 21h…

Le Défistival relève à nouveau le défi pour la 8eme fois !

La huitième édition de cette grande fête de la Diversité et de la Mixité aura lieu le samedi 18 septembre prochain sur le Champ de Mars à Paris. Né en 2003, à l’occasion de l’année européenne des personnes handicapées, le Défistival est une journée festive libre et gratuite qui, en 2010, s’inscrit dans le cadre de « l’année internationale de la biodiversité » et de « l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ».

Terminologie

28 juillet 2010

Vélo manuel : un peu de terminologie

Depuis l’arrivée des adaptations de fauteuil roulant pour une propulsion manuelle de type vélo, un bon nombre de mots ou d’expressions disparates ont formé un vocabulaire qu’il est maintenant utile de clarifier. Après avoir rappelé les principaux termes consacrés au vélo, nous examinerons rapidement ceux qui se rapportent à ces engins pour handicapés moteurs.

A/ Terminologie succincte du vélo

Le matériel et les activités liés au vélo sont désignés par des termes très semblables, en français comme en anglais, ainsi que ce petit lexique le met en évidence.

En français………… En anglais…………. Remarques

Bécanne Bike en langage vulgaire, bike : fille
Bicycle Bicycle vélocipède à 2 roues (bicycliste est un terme ancien)
Cycle Cycle l’engin
Cyclisme Cycling l’activité
Cycliste Cycler, cyclist l’usager d’un cycle
Rider toute personne se promenant sur un engin ou un
animal (ici sur un vélo, donc au sens de cycliste)
Course, Courses Race, Racing nom indépendant de l’engin
Tricycle Tricycle cycle à 3 roues, en langage familier : trike
Tandem Tandem vélo à 2 passagers
Tandémiste usager du tandem (pilote : celui qui tient le guidon)
Vélo Bike abréviation de vélocipède,
en langage vulgaire, bike : fille
Vélocimane Hand-propelled tricycle appareil de locomotion mû par les mains,
du latin velox (rapide) et manus (main)
Vélocipède Cycle, Bicycle appareil de locomotion mû par les pieds
du latin velox (rapide) et pes, pedis (pied)
Vélocipédiste Cyclist en français, le synonyme Cycliste est plus utilisé
Vélo couché HPV human powered véhicle (vélo à l’horizontale)
Vélo tout terrain Moutain bike abréviation : VTT
Randonnée en vélo Biketrip, touring bike voyager à vélo
Aller à bicyclette To ride a bicycle
Aller à vélo To ride a bike en langage familier : to bike
Faire du vélo To go infor cycling To cycle : Faire du vélo en sportif

On constate que les français font du vélo en loisir et du cyclisme en compétition :
on fait du vélo en balade ou en randonnée, mais on ne dit pas que l’on fait du cyclisme en randonnée;
on parle de faire un tour en vélo pour une promenade et de faire une course cycliste pour une compétition.

Le « vélo » et une abréviation qui ne peut donner de mot dérivé contrairement au terme « cycle » :
de cycle dérivent les termes = cycliste (homme ou femme qui roule avec),
cyclisme (le fait de se déplacer à l’aide de cet engin),
cyclotourisme (le fait de se promener à l’aide de cet engin).
de bicyclette ne dérive aucun terme, mais par contre quelques expressions =
aller en bicyclette, faire de la bicyclette,
de vélo (abréviation du terme vélocipède) ne dérive aucun terme, mais par contre quelques expressions =
faire du vélo, aller en vélo, faire un tour en vélo,
de vélocipède dérive comme avec cycle le nom de son utilisateur = le vélocipédiste.

En français, le mot « vélo » fait partie du langage familier, comme en anglais « bike » est un terme familier par rapport à « cycle »; il en est de même pour « trike » vis-à-vis de « tricycle ».

Genin Guy Juillet 2000
Vélo manuel : un peu de terminologie

B/ Terminologie du vélo manuel

L’arrivée du vélo à propulsion manuelle à notre époque, d’abord dans les pays anglo-saxons, puis en Europe a provoqué la création de nouveaux termes, au début assez divers et ensuite plus en accord avec la terminologie classique :

en anglais en français (franglais ! terme incorrect)

au début Handi-cycle Handi-cycle, vélo pour handicapé
Handibike, hand-bike Hand-bike, vélo à main (usager : hand-biker, pas de féminin !)

maintenant Handcycle Cycle manuel ou
en loisir vélo manuel
Handcycling Cyclisme manuel
Handcycler Cycliste manuel(le) selon le cas
homme ou une femme (handbiker, hanbikeuse!)
Cyclotourisme manuel (handbike-tourisme!)

Quelques constats, base de réflexion :

* Pour nommer cet engin, le premier terme employé dans les revues françaises fut bicyclette à main; puis ce fut vélo à main; le terme équivalent, vélo manuel, présente plusieurs avantages détaillés ci-dessous.

* Contrairement aux termes « handbike » ou « à main », le mot « manuel » peut être accolé aux termes habituels de cette activité sportive : vélo, cycle, cyclotourisme, etc. On peut aussi le décliner : il s’accorde avec le genre féminin ou masculin.

* Dans le grand public et les médias, comme dans le milieu Handisport, l’adjonction du terme « manuel » à « cyclisme » précise clairement le groupe concerné, comme c’est déjà le cas pour « tandem ».

* Les anglo-saxons utilisent la dénomination « handcycling », depuis plusieurs années (date de la création de la fédération de ce nom). Il est en usage dans le grand public international. Ce serait bien « rétro » de conserver l’ancien terme anglais « handbike ».

* Les catégories en compétition sont dénommées HC, abréviation de « HandCycling » et sans lien avec « handbike ». Alors qu’on se sert du sigle, il serait donc fort illogique de ne pas employer le terme international.

* Dans le cas des dépannages et autres conseils auprès des marchands de vélo, le terme « handbike » ne parle pas à ces vélocistes contrairement à celui de « vélo manuel » qui correspond à leur métier, même si l’engin est pour eux tout nouveau ! Le meilleur contact avec ces spécialistes doit toujours être recherché, tant pour l’aide qu’ils nous offrent que pour l’intégration que nous voulons toujours la plus complète possible.

* Au début du vélo tout terrain, les français utilisaient le terme anglais « moutain bike » avant d’utiliser sa traduction française; il est normal que les sportifs Handisport agissent de même et utilisent maintenant la traduction française de « handcycling ».

* Comme toute fédération française, la FFH a une obligation statutaire de défense de la langue française, chaque fois que cela est possible; il faut donc éviter les termes anglais et surtout ne pas employer le franglais (comme « handbiker »).

Quelques cycles

28 juillet 2010

Quelques cycles manuels (handcycles)
et autres engins à roues

Guidage en pendulaire (propulsion avec les mains, guidage avec le haut du buste) : 3 fabricants dans le monde

Brike Freedom loisir et compétition revendeur (importateur exclusif) Oasis (1,5 à 5000€)
Lightning loisir via contact (?) en France (3 à 4500€)
Varna Marathoner loisir et compétition 2 ou 3 roues (2800 à 3300€)

Guidage par la potence (propulsion et guidage avec les mains) : quelques dizaines de fabricants

Cannondale loisir et compétition
Invacare loisir et compétition (1,5 à 4000€)
Pro Activ NJ1 loisir (2 à 5000€)
Rolins XT loisir et compétition revendeur (?) autrichien
Runnen M5 loisir
Sopur Spirit loisir et compétition revendeur Sunrise (2 à 4000€)
Stricker Lupo loisir (3500€)
Varna II, etc. loisir et compétition (2600 à 4000$ CDN)

Anciens (° si français)
ADHR ° loisir
Décathlon ° loisir
FIB ° Tri’Al loisir
Moyeu concept ° Chronos loisir et compétition (3500€)
Top End absorbé par Invacare loisir
VTT concept TC ° loisir (1,7 à 5000€)

Divers
Angletech Quadraped un 4 roues à pédalage avec les pieds et les mains
Varna Arm Leg Power un 3 roues à pédalage avec les pieds et les mains (7500$ CDN)
Aviroute (2 roues) http://www.aviroute.com/
Titanium Arts One Off Ti (titanium) HC (handcycle) Offroad (tout terrain)

Handicycles
(terme international, cycle pour handicapé)

Stricker City 7 et Ultra pour adulte ET enfant (le City 7) avec option électrique
Le seul qui fabrique en série pour les enfants (2 à 3000€)
Funbike (ancien)
Speedy revendeur Euromove, avec option électrique
Poirier ° absorbé par Top End le vélocimane puis un handicycle (ancien)
Pro Activ NJ1 – Traveller la roue tractrice et le fauteuil qui lui correspond

Tandems

FIB ° Tandem (ancien) pilote valide, accompagnant paraplégique
Varna Hybrid un 3 roues à pédalage avec les pieds et les mains (7000$ CDN)
Sonnefraud ° Tandem associatif 2 vélos (à 2 roues standard) deviennent 1 tandem 3 roues
(7 à 800€), 03 88 66 15 85, Bas Rhin 67118
2Can 2cancycle tandem à 2 de front, totalement mixte (3500 à 4500€)
(2 pédalages à pieds ou 2 à mains ou 1 à pieds et 1 à mains)
très costaud et … lourd

Divers composants

Innoving Diffusion Plein tube Chambre à air INCREVABLE 100% vélo, fauteuil ! (35€)
Bikelite sécurité Feu stop et autres
La Gare aux vélos rétroviseur support métallique (résistant et qui ne vibre pas)

Les points clefs

28 juillet 2010

Vélo manuel: les points clefs
(à connaÎtre pour bien s’amuser avec son vélo)
A/ Les types de vélo (propulsé par les mains)
1 – Guidaqe par les mains
Le pédalier qui sert à la propulsion sert aussi à tourner la roue avant dans la direction désirée. La conduite est équivalente à celle d’un vélo 2 roues qu’on dirige à l’aide du guidon, sauf qu’ici les mains qui manient le guidon doivent aussi « pédaler ».
Donc guidage et propulsion se font UNIQUEMENT avec les bras; d’où la nécessité d’avoir une souplesse suffisante et une force bien développée!
Les Invacare (Sopur, Top End), Varna, VVTConcept, Moyeu Concept sont de ce type.

2 – Guidaqe par le corps
Le pédalier ne sert ici qu’à la propulsion; c’est le corps qui cette fois va diriger le vélo. La conduite est équivalente à celle d’un vélo 2 roues qu’on dirige sans tenir le guidon, mais simplement en inclinant le buste dans la direction voulue.
Donc les bras gardent toute leur puissance pour la propulsion; et dans un virage, selon
le handicap du buste, les bras aideront à la précision du virage (en tenant les barres de stabilisation, dit guidon) ou continueront à « pédaler »!
Les Freedom et Lightning sont de ce type.
B/ Manipulation

1 – Encombrement (lors du transport)
Très peu de vélos sont démontables, encore moins aisément démontables (pour les handicaps des mains!!). Rares sont donc les vélos facilement transportables.
Les Freedom de type loisir, un vélo manuel hollandais et un allemand (NJ1 via ProActiv) sont démontables.
Tous les autres vélos sont monobloc. Leurs roues arrière sont en général aisément démontables, et parfois la roue avant aussi. Donc ils sont transportables dans un « Break »; le Décathlon, retiré des circuits de vente, pouvait être accroché à l’aide du porte-vélo Décathlon pour hayon arrière.

2 – Maniement
Poids = autonomie maximale. Les poids varient du simple au double, quasiment au triple parfois. Les Freedom sont les plus légers de tous les vélos (12 à 14 Kg selon la version,). Le Sopur est l’un des moins larges.
CI Médical

1 – Handicaps possibles
Tout vélo manuel dont le guidage se fait par le corps et la propulsion par les bras est accessible à des handicaps du buste… souvent après un temps d’adaptation.
Les Freedom et Lightning peuvent être maniés par des handicaps sévères (jambes et buste).

2 – Sécurité des jambes
Seuls les vélos à guidage par le corps ne présentent pas de risque de torsion et de blessures aux jambes (comme les Freedom et Lightning).

3 – Problèmes d’escarres
Seuls les vélos dont les sièges sont « suspendus » (une toile tendue sur une armature) présentent le minimum de risque face aux possibilités d’escarre pour le dos et l’assise (Lightning).

4 – Efforts cardiaques
Tout vélo manuel ayant le pédalier à hauteur ou au-dessous du coeur ne demande aucun entraînement particulier.
Tout vélo de type allongé (à finalité compétition) oblige à un entraînement bien pensé.
DI Le transfert (du fauteuil roulant au vélo manuel)
1 – Le frein-stop: Un avantage qui est quasiment une sécurité indispensable.
2- Le sièqe : Plus le siège est bas, plus délicat sera le transfert… !
Les vélos à guidage par le corps peuvent obliger à bien coordonner ses mouvements.

Guy Genin 12-1999, Mise à jour 4-2003
Vélo manuel: les points clefs

E/ La sécurité

1- Aspect médical (voir le paragraphe C/)

2- Règles de sécurité routière
Catadioptre et phare blancs à l’avant, rouges à l’arrière, deux freins constituent le minimum imposé par le Ministère des Transports (voir le paragraphe G/ 2).
Seul le Décathlon avait ces sécurités minimales, le VTT Concept l’a en standard.
Compléments fort recommandés:
un drapeau, un klaxon, et un rétroviseur pour le vélo, un casque pour le cycliste.

3- Tenue de route du vélo
Avec un vélo à 2 roues, la direction suit quasiment UNE SEULE TRACE, celle faite par les 2 roues bien alignées l’une derrière l’autre. Quant au freinage, il est contrôlé à l’aide des freins arrière et avant. Seuls des pneus mal gonflés, du sable dans un virage, ou inclinaison trop forte du vélo, feront se coucher le vélo avec pour conséquence une « belle » glissade!
Avec les vélos manuels à 3 roues, c’est D’ABORD 3 TRACES différentes pour une même direction, c’est-à-dire 3 roues NON ALIGNEES qui réagissent chacune à leur manière, non seulement au terrain souvent différent sous chaque roue, mais aussi aux mouvements qui sont donnés au vélo (par les efforts de pédalage, par un basculement brusque ou mal contrôlé du buste). C’est ensuite un freinage UNIQUEMENT SUR LA ROUE AVANT pour presque tous ces vélos (sauf le VTTConcept). Ajoutez à cela un chassis qui est presque toujours très rigide; alors, sous des efforts contradictoires (cahots sous 1 ou 2 roues, basculement du corps au mauvais moment, vitesse rapide, freinage trop fort), vous avez toutes les conditions réunies pour provoquer une réaction incontrôlable du vélo… qui part en tonneau !!! Ouille la tête… et merci le casque.
F/ Caractéristiques techniques

1- Rapports de dérailleurs
Les dérailleurs sont ceux des vélos à 2 roues, mais le choix des rapports sera assez différent sur les vélos manuels pour privilégier les grandes démultiplications, la puissance d’un bras n’étant pas souvent égale à celle d’une jambe (valide) !
Les questions « Combien de vitesses », « Quelles vitesses choisir » restent les mêmes; ce sont les réponses qui changent pour les vélos manuels, tout en suivant un raisonnement semblable.

2- Développement
Les bons vélos à 2 roues ont quasiment tous une roue tractrice de même diamètre (700 norme européenne, 28 pouces norme anglaise). Aussi les cyclistes comparent-ils souvent la puissance de développement de leur vélo en comparant seulement les rapports des dérailleurs,.
Les vélos manuels ont des roues tractrices de diamètre différent (de 420 à 750); comparer le développement de 2 vélos manuels (à 3 roues) ne peut donc se faire par le rapport des dérailleurs seulement, mais en comparant le plus petit et le plus grand développement (de 1,20m à plus de 7m !).
G/ Commercial

1 – Coût
Le Décathlon était le moins cher de tous les vélos manuels.
Les prix vont de 2500 euros à 5500 euros -livraison comprise- (de 17000 à 36000 Frs).

2 – Sécurité routière
En France, une homologation du vélo par le Ministère des Transports est indispensable pour tout vélo que l’on veut utiliser sur route, sans risquer un désistement des assurances lors d’un accident. Le Décathlon avait l’homologation du Ministère des Transports.

3 – S.A.V. (service après-vente)
Le sujet à ne pas aborder en France si on espère obtenir un service digne de ce nom, comme cela est le cas pour nombre de vélos valides. Par contre, pour ce qui est des mécanismes de propulsion (transmission, roulement), un bon vélociste vous donnera toute satisfaction.

Dénominations

28 juillet 2010

Les dénominations du vélo manuel

* Depuis la création d’engins à propulsion manuelle, différents termes sont apparus =
ce n’est pas évident de s’y retrouver dans les différents termes français, anglais, et surtout dans les dérivés aussi inattendus qu’incorrects en français comme en anglais: le classique franglais.
- Vélocimane (voiturette à main) : large siège sur 3 roues à propulsion arrière et traction par rameur ou pédalier (surtout connu pour les invalides après la guerre de 1940-1945); engin lourd, stable, et peu rapide; le terme est en correspondance avec vélocipède.
- Handi-cvcle (handi, abréviation de handicap, d’où cycle pour handicapé): système de traction pivotant, composé d’une roue et d’un pédalier, et accroché aux montants des plaquettes d’un fauteuil roulant dont les petites roues avant se retrouvent en l’air.
Système astucieux, léger, un peu limité en vitesse; à noter que le terme s’écrit de même en anglais et en français.
- Handbike (terme anglais, hand = main, bike = vélo, d’où vélo à main) : un engin intermédiaire entre les 2 précédents, c’est un tricycle à propulsion avant conçu avec les systèmes de traction et de roulement d’un vélo 2 roues.
Le nom de ce vélo est très vite devenu le nom du sport. En France des termes dérivés sont apparus et sont incorrects = “ handi-bike ”, “ hand-bike ”, et encore “ handbiker ”, “ handbikeur ”, même “ handbikeuse” pour les féminines, “ handbike ” et “ handbikette ” (la consonance est plus heureuse que celle des précédents termes!).
Mais, par extension, “ handbike ” a fini par désigner aussi bien l’activité que le vélo ou que le cycliste ! Aussi ce terme ne prend-il son sens exact le plus souvent que dans le contexte: « La course handbike va commencer, regroupez les handbikes et surveillez que les handbikes suivent bien les consignes!  » (ouf…).
- Handcycling (terme anglais, hand = main, cycling = cyclisme, d’où cyclisme manuel) : terme actuellement utilisé dans les pays anglophones à la place du terme initial “ handbike ”.
Ce nom, nouveau pour les européens, est courant pour les organisations sportives (US Handcycling Federation) comme pour les fabriquants de ces tricycles (“ handcycles ”). Certains français et quelques pays européens maintiennent le terme initial anglais “ handbike ” bien que “ handcycling ”, “ handcycle ” ,“ handcyclist ” soient plus corrects.
De plus “ handcycling” est équivalent au terme “ cycling” des valides = même type d’activité, accord facile avec le genre (masculin ou féminin) ou avec des activités dérivées: cyclisme manuel, cycliste manuel(le), cyclotourisme manuel.

Les dénominations du vélo manuel
* Notons le parallèle du monde Handisport avec celui des valides :
+ chez les valides, on fait du vélo en promenade ou en cyclotourisme, et les sportifs font du cyclisme en compétition avec des vélos le plus souvent sur mesure,
+ en Handisport, nous faisons du vélo manuel en balade ou en cyclotourisme, et nos athlètes font du. cyclisme manuel ( “ handcycling ” ) en compétition sur leurs vélos manuels (“ handbikes ” ou “ handcycles ”), rarement sur mesure, mais parfois adaptés à leurs handicaps.
* Remarque..
Le cyclisme Handisport comprend 3 disciplines :
le cyclisme solo pour de nombreux amputés et assimilés (catégorie LC, Locomotor disabled Cyclist),
le cyclisme tandem pour les aveugles et amblyopes (catégorie B, Blinding),
le cyclisme manuel, dit “Handcycling ”, pour les paraplégiques, tétraplégiques et assimilés (catégorie HC, HandCycling).

le cyclisme tricycle (podal), dit cyclisme IMC, (catégorie CP, Cervical Palsy) pour le handicap d’Infirmité Moteur Cérébrale.

Guy Genin 6.1999,3.2003

Historique du Hand-Bike

28 juillet 2010

Vélo manuel – Quelques dates

2 ème millénaire: XIX ème siècle (pour mémoire) puis XX ème siècle

1839 La célérette : « hobby-horse » (Macmillan, Angleterre), la draisienne à traction arrière avec transmission manuelle

1869 Les ancêtres du vélo manuel:
la bicyclette à propulsion podale et manuelle (White, Angleterre),
le vélocipède 1) à manivelle (Samuel, Angleterre)
1945 Le vélocimane 2) : tricycle d’après-guerre à 2 ou 3 vitesses avec transmission différentielle (!)
1980 Les“ handbikes ” 3) : en Amérique 3 types sont créés =
le tricycle Freedom (Ryder de Brike),
le bicycle (Standfort, USA),
le quatre-mains (Quadped de AngleTech)
Première fédération : aux USA est créée la USHF, United States Handcycling Federation
En France, premières apparitions des “ handbikes ” : le début du cyclotourisme manuel!
1994 Présentation du handi-cycle 4) : le tracteur du fauteuil roulant
1996 Grande première des cyclistes manuels: avec le soutien financier d’AXA, 5 américains en Freedom font
le tour du monde – 20 000 kms en 8 mois –
1998 En France, première démonstration de cyclisme manuel (dit“ handbike ”) à Tours avec une participation
internationale au cours du championnat d’Europe de cyclisme Handisport
1999 En France 1ère et seule grande surface (Décathlon, Villeneuve d’Ascq) à créer un vélo manuel
Première course“ handbike” en France à Hautefort (Dordogne) : 35 participants sous la férule du CRIFH
(comité régional d’lle-de-France Handisport) et de son président J-P Moreau
2000 Intégration des “ handbikes ” dans le cyclisme de la F. F. Handisport :
un cycliste manuel (Guy Genîn) fait partie de la commission cyclisme FFH,
1 er critérium HC (HandCycling) au cours du championnat de France à Chalon-sur-Saône (71)
1 ère femme cycliste manuelle à participer en France (Jeannine Genin, seule française pendant 3 ans)
3 ème millénaire: XXI ème siècle

2001 1er championnat de France, catégorie HC à Crossac (Loire-Atlantique)
Première participation internationale de la France et premières médailles :
au championnat d’Europe de cyclisme Handisport, 1 Or et 1 Argent (Yvon Buchmann, tétraplégique)
1er vélociste français à créer différents modèles de vélo manuel (VTT Concept, Charente)
2002 Premières médailles françaises de niveau mondial : catégorie HandCycling
Or (Patrick Moyses, paraplégique) et Argent (Yvon Buchmann, tétraplégique)
2003 Premier prototype de vélo manuel français “ 2 roues” : Tonic Cycle (Firminy, Loire)
NOTA : SÉCURITÉ OBLIGE !
1896 Chaque auto anglaise devait être précédée d’un piéton porteur d’un drapeau rouge
2003 Chaque vélo manuel doit être porteur d’un drapeau rouge (ou jaune) “ fluo” sur hampe de 1,50m
1) velocis : rapide, pedis : pied
2) velocis: rapide, manus : main
3) hand: main, bike : vélo = vélo manuel ou vélo à main
4) handi: handicapé, cycle: cycle = vélo pour handicapé (même terme en anglais et français)
Genin 5-2003

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Images pour l’historique du vélo manuel
VM1869propul y _m : bicyclette de White
VM1869velo_maniv : vélocipède de Samuel VM194Svelociman : vélocimane
VM1980freedomAXA : handbike Freedom —
, c’
VM1980-2roues: 2 roues USA, VM1990cyclotourism : cyclotourisme mixte IdF VM1994handicycle: handi-cycle pour enfant
VM1999compet_hautef: compétition Hautefort

Vélo – Des dates-clefs

2 ème millénaire: XIX ème siècle

1817 La draisienne : le vélo sans pédale, 2 roues relié par une poutre, (Drais, Allemagne), 15 km/h!
1818 1 ère course de draisiennes (Paris; France)
1821 La roue libre : pour rester en selle dans les descentes (Gompertz, Angleterre)
1839 Propulsion par transmission : la célérette (“hobby-horse” de Macmillan, Angleterre) qui est une draisienne
à traction arrière avec transmission manuelle
1861 La pédale : le vélocipède à pédalier (Michaux, France)
1868 1 ère course de vélocipèdes (Saint-Cloud, France)
1869 Le vélocipède à manivelle (Samuel, Angleterre),
La bicyclette à propulsion podale et manuelle (White, Angleterre),
La bicyclette pour 2 personnes (dite tandem en 1886) assises l’une derrière l’autre
Essais de différents systèmes de changements de vitesse (chaîne flottante)
1880 La chaîne de transmission et 2 roues de même taille
1888 Le pneumatique gonflé d’air (Dunlop, Angleterre)
1891 Le pneumatique démontable (Michelin, France)
1892 Le carénage pour rouler plus vite

2 ème millénaire.:. XX ème siècle
1909 Le dérailleur : l’aboutissement des différents systèmes de changements de vitesse
1913 Le vélo caréné, vélo “oeuf” ou vélo-torpille, (des 43 km/h sans carénage on passe à 57 km/h!)
1930 Le vélo horizontal, dit vélo couché, (Mochet, France) bat tous les records de vitesse et est appelé vélocar
par son constructeur (c’est un dérivé de sa voiture à pédales)

Handcycling : Que choisir ?

28 juillet 2010

Le beau temps et la chaleur arrivent à nos portes. Pour des promenades à nous décoiffer, quel que soit le handicap, préparons nos vélos ! Heureux possesseurs de vélo manuel, ces “ handcycles ” qui ouvrent tant d’horizons aux sportifs du dimanche comme aux sportifs entraînés, graissons, révisons, et vive les premiers tours de manivelles ! Malheureux sans vélo, c’est le moment de choisir l’engin de vos rêves. Mais, avec un prix aussi exorbitant, un bon choix s’impose ! Tant pis pour le coup de foudre dû à la couleur, la forme ou le prix… Quitte à changer de vélo si on trouve mieux. Le bon vélo est celui qui s’adapte le mieux à notre handicap, à notre morphologie, et aussi à l’utilisation que nous prévoyons d’en faire.

Quelques réglages suffisamment souples et voilà le vélo qui nous va comme un gant :
- la longueur et la protection des jambes (évident n’est-ce-pas !) pour qu’elles ne servent pas de butoirs à l’avant ni qu’elles raclent le sol dans les virages,
- la position de l’assise pour avoir suffisamment de hauteur par rapport aux bas des jambes et par rapport au pédalier qui, en règle générale, doit se trouver au-dessous du cœur,
- l’inclinaison du dossier pour avoir une position de buste confortable tout en gardant la mobilité des épaules et la puissance restante des muscles lombaires et dorsaux,
Alors l’ensemble siège et dossier permet de se trouver à la bonne distance de la potence de direction (nos bras doivent suivre harmonieusement le mouvement du pédalage comme le font les jambes du cycliste qui ne sont ni trop tendues ni trop pliées).

Des accessoires techniques compensent nos handicaps, par exemple :
- les bons développements qui varient en fonction de la taille de la roue et du groupe dérailleur -les pignons et plateaux- (pour monter toute côte bien raide un petit développement -1 mètre- sera recommandé, pour rouler vite sur le plat et sans vent un grand développement -8 mètres- sera préférable),
- le passage de vitesse électronique… un boutoir poussoir et tout est dit (!) sauf qu’on a moins de liberté dans le choix des groupes dérailleurs,
- les chambres à air increvables (du Plein-Tube par exemple)… car réparer une chambre à air avec des mains atrophiées, c’est la galère, et ce n’est pas mieux d’être assis les fesses dans la gadoue du bas-côté et d’avoir des transferts pénibles à effectuer !

Mais c’est le type de guidage du “ handcycle ”, qui va jouer un grand rôle :
- avec un guidage par la potence, on pédale et on vire simultanément tout à la force des bras, ET le vélo reste toujours stable (on est assis à 20 ou 40 cm au-dessus du sol),
- avec un guidage par le corps, les bras servent au pédalage tandis que le buste ou même seulement la tête, font tourner le vélo; mais le vélo n’offre pas une assise fixe, sans nous laisser tomber cependant.
Quel est le meilleur type de guidage ? Difficile à dire si l’on écoute leurs partisans et détracteurs ! En effet, chacun s’appuie sur le critère qui lui convient le mieux et qui est pour lui le seul valable. Or, en vélo, le plaisir ressenti dépend fortement des sensations éprouvées. Ainsi, la force musculaire ou les sensations kinesthésiques interviennent d’abord, mais ensuite l’aspect psychologique l’emporte :
- Avec un vélo à guidage par le corps, la stabilité du fauteuil roulant est toujours présente, et le maniement s’apprend bien vite ! Cependant, quand il y a de fortes côtes ou lorsqu’on a peu de forces dans les bras, on souffre fort de guider et de pédaler tout à la force des bras.
- Avec un vélo à guidage par le corps, on ressent l’instabilité du vélo classique (à 2 roues), sans avoir le risque de tomber ! En conséquence, aimer ce type de guidage, c’est d’abord utiliser au mieux ses forces restantes, mais c’est aussi tenter de retrouver ou de découvrir les “ affres ” des débutants en vélo, puis les joies du cycliste. Nous sommes, pour quelques heures, ce valide que nous n’avons pu être à cause de notre handicap de naissance ou que nous étions avant notre malheur. Quelle revanche sur l’adversité ! Les cyclotouristes, croisés au hasard des chemins, ne s’y trompent pas : par leurs questions, parfois par leur envie d’essayer ces vélos d’un troisième type, ils montrent l’intérêt que déclenchent ces nouveaux engins, intérêt fort loin du rejet ou de la crainte, plus ou moins fortement exprimés, que provoquent les fauteuils roulants. Ainsi, avec ces derniers, il y a toujours une personne de bonne volonté pour vouloir nous donner un coup de pouce dans la côte, par contre le fait est rarissime quand nous nous baladons en vélo manuel, et ce geste ne vient jamais des cyclistes.

N’oublions pas la sécurité pour rouler sans souci, donc avec plaisir :
- La protection face à la chute toujours possible : le casque est indispensable… et ne peut être mis au dernier moment !
- La protection vis-à-vis des autres, les voitures et les camions !… Rien de mieux à ce jour que le drapeau rouge ou jaune fluorescent en haut de sa hampe, seul moyen de “ se faire deviner ” par-dessus un talus herbeux, un virage un peu encaissé ou la voiture qui vous suit et vous cache. Pour traverser les zones d’ombre, forêt ou rue en lumière contrastée, pour être vu en fin de journée à l’heure dite “ entre chien et loup ”, les 2 feux arrière (fixes ou clignotants) à portée maximale (50 mètres au moins) – attention, un seul feu fait croire à un vélo 2 roues alors que nous sommes 2 fois et demi plus large que celui ci !

Enfin, à chaque vélo, des plaisirs fort différents : le côté utilitaire avec les courses au magasin du coin, la joie d’accompagner ses petits-enfants pour leurs premiers tours de roues, le plaisir de la balade du dimanche en famille, la découverte des sons et senteurs de la nature comme des paysages lors de grandes randonnées, voire l’excitation des courses cyclistes.

Plus d’hésitations! Choisissons, achetons, et à nous les routes de la découverte.

Pratique du Hand-Bike

28 juillet 2010

Faire du vélo sans les jambes

Responsable Handisport sur toute la France, de 2000 à 2004, pour le lancement de la catégorie « handcycle » de la discipline Cyclisme à la F.F.Handisport, j’ai pu essayer de nombreux vélos manuels et surtout j’ai pu faire découvrir cette discipline qui nous sort des terrains de sport clos pour nous offrir le plus grand terrain de jeu qui existe : les routes et les chemins en pleine nature. Basketteur en national pendant longtemps (et… il y a longtemps), je connais la joie de jouer ensemble en sport-co, mais être cycliste manuel procure une joie différente et toute aussi puissante, car découvrir au grand air et en toute liberté contrées ET habitants, voilà une expérience qui vaut son pesant d’or !

Bien des choses sont à connaître sur ces vélos manuels, dits aussi vélos à main, les handbikes des premiers anglo-saxons qui les ont développés, appelés handcycles depuis quelques années par les américains; ce terme, utilisé en international, est plus exact puisqu’en américain « bike » n’est pas seulement un vélo mais peut pointer tout ce qui roule motorisé ou non… Intéressant à savoir :

La comparaison des 2 sortes de guidages, par la potence ou en pendulaire, que j’ai testés à travers =
- les produits français (car il y en a eu une demi-douzaine, même si à ce jour la production n’est pas suivie) et
- plusieurs modèles venus de l’étranger.

La connaissance des particularités de cette discipline si attractive, en particulier à travers les informations que j’ai bien étudiées
- Les risques, pour les éviter et tirer de nos randonnées le plus grand plaisir !
- Les différences avec d’autres sports, par exemple entre le basket, sport de résistance, et le cyclisme manuel, sport d’endurance; car, à part la joie de faire du sport, que de différences :
+ les muscles utilisés -et nécessaires-,
+ la manière de boire et même de se nourrir (pour avoir son potentiel au maximum !),
+ le type d’efforts à fournir,
+ le plaisir de rouler, de voir du pays, des rencontres, etc.

L’existence de fournitures et accessoires pas toujours connus, malgré leur intérêt pour tous ou pour certains handicaps… C’est pourquoi je suis toujours à l’affût de ces très utiles compléments du vélo.

Une pratique sportive accessible à beaucoup de handicaps, prouvée par les nombreuses personnes que j’ai initiées : hommes, femmes, handicapés de longue date ou nouvellement touchés, et même… amis valides (mais oui, certains sont intéressés bien que n’étant pas forcément les plus débrouillards dans la prise en main de ces vélos). Ainsi ont été candidats des tétraplégiques (dont 1 atteint en C5 !), IMC et amputés, même un triple amputé –donc pédalant et conduisant avec son unique bras !

Quant aux parcours, sans dépasser les frontières de la France, que de circuits testés, route comme grand chemin forestier, profils plats ou pentus… dont les montées restent inférieures à 20% (au-dessus il me faudrait une 2ème jeunesse).

Alors, « Avisse à la population » : faites votre choix !… Pour dégrossir les sujets les plus intéressants, un coup de fil sera sans doute le plus rapide, plutôt le soir, même tard.

Lancez-vous : balades et randonnées sont à votre porte !

Guy Genin 01 64 38 09 61 (ou 06 75 58 07 01)

Pratiques sportives

28 juillet 2010

En Handisport

Sport de résistance Sport d’endurance

* Basket-Ball en fauteuil roulant * Cyclisme manuel
Sport en milieu fermé : le plus souvent en salle Sport en milieu ouvert = sur les routes

* Effort puissant et pendant un temps court -* Effort lent ou moyen pendant très longtemps
Répétition sur 1 ou 2 heures Même effort pendant 1 à 4 heures
(avec son effort en fonction de la rapidité voulue) (avec efforts minimaux pour une vitesse donnée)

* Les efforts musculaires (bras et torse) * Les muscles des bras entraînent ceux du torse :
ne s’opposent pas aux muscles de la respiration :il y a donc gêne si la respiration n’est pas contrôlée
La respiration doit s’intégrer harmonieusement au
rythme du pédalage imposé par le terrain.

* En phase active, il y a de grosses pertes d’eau dans * 1- La perte d’eau est ici insidieuse car le corps
le corps (respiration accélérée, transpiration), donc compense cette perte sans réaction immédiate
à chaque arrêt on boit un bon coup (>1/4 litre) (il « pompe » sur ses réserves) :
ne pas attendre la sensation de soif pour boire
2- Boire peu et souvent (dès le 1er Km!)
3- Boire seulement une lampée à chaque fois
(même pas une gorgée)
4- Il en est de même pour manger :
manger assez souvent, peu, nutritif et
sans attendre la sensation de faim

* Chacun adapte sa vitesse de déplacement à sa * Il faut trouver un rythme de pédalage qui ne
morphologie et à sa puissance, car la fatigue pas et qui soit toujours le même quel que
vitesse est presque indépendante du matériel soit le terrain : c’est le groupe dérailleur qui permet
d’adapter le matériel au terrain

* Le matériel est choisi d’après sa morphologie * Le matériel est choisi en fonction de ses goûts,
ou adapté à elle puis de sa morphologie, enfin de ses capacités =
1- En fonction de l’utilisation future (ville; route,
chemin, balade, randonnée, voire course)
2- Selon les sensations attendues, 2 types de vélos:
+ sensation de stabilité (donc de sécurité)
avec le vélo à guidage par la potence
(le pédalier sert ici de guidon); c’est un fauteuil
roulant avec une traction avant (la roue avant
pivote entre les jambes et peut les frotter : risque
de blessures !)
+ sensation du vélo 2 roues (… instabilité mais
sans risque de tomber, car c’est un tricycle)
avec le vélo à guidage par le corps;
le corps et la roue avant forment un bloc qui
bascule quand on veut tourner -comme en moto
(pas de risque de blessures par la roue)

* Transfert non obligatoire (on est en fauteuil * Transfert obligatoire et pas facile
roulant) et, si besoin, le passage est facile entre
son fauteuil et celui de basket
* NOTA : en dehors de ces points, faire du vélo manuel
c’est appliquer les principes du cyclisme 2 roues
(maniements des dérailleurs, efforts, nutrition,
adaptation aux circuits)

* Travail d’équipe * Travail solitaire complété, si on le veut, en équipe

* Echanges humains entre équipes et publics * Echanges entre équipiers si on est en club,
échanges forts avec tout cycliste ET
rencontres tout azimut !

Aspects Médicaux

28 juillet 2010

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Tout sport comporte des risques, mais une personne handicapée qui fait du sport tire tant de bénéfices sur les plans physique et psychologique que « le jeu en vaut la chandelle »! Faire du vélo manuel, c’est affronter les risques du vélo.

Voyons d’abord les avantages forts intéressants :

- Liberté et plaisir de rouler où l’on veut.
- Joie de faire du vélo « comme les autres ».
- Musculation générale développée, donc meilleure autonomie.
- Libération au moins partielle du handicap.
- Bonheur de retrouver des sensations perdues ou de découvrir des émotions inespérées.
- Amélioration du travail abdominal, donc de celui des viscères.
- Anticipation bien plus développée dans les mouvements face aux incidents imprévus.
- Envie d’atteindre ses limites.

En contrepartie, parce que cette activité sportive en est à ses débuts, on rencontre deux types de problème :

- d’un côté, le matériel proposé présente des risques supplémentaires à ceux du vélo classique… risques qui ne sont pas seulement un défaut de jeunesse, mais qui sont inhérents au concept actuel de ces vélos manuels;

- d’un autre, certains handicaps sont susceptibles de créer des problèmes qui leur sont spécifiques, surtout si le cycliste et son entourage n’ont pas conscience de ces problèmes dès le début, ou s’ils les connaissent et n’en tiennent pas compte.

Or il y a moyen d’éviter ces problèmes à condition de les connaître et d’en accepter les contraintes grâce à un minimum de sérieux. Sans être exhaustif citons en, d’expérience, quelques uns :

- La chute avec traumatismes divers, allant des égratignures aux bras et aux épaules jusqu’à l’éclatement du foie et de la rate, en passant par des points de sutures au menton et des dents esquintées.
- Les escarres aux fesses, aux jambes.
- Les problèmes aux jambes (contractures, « fourmis », crampes) et aux pieds (luxation, fracture).
- Les douleurs passagères, voire des tendinites, au niveau des bras et des poignets.
- Les douleurs aux membres supérieurs et au rachis dues aux mauvaises positions ou aux déformations du cycliste.
- Le fait de respirer souvent les gaz d’échappement dans la circulation routière.
- Les problèmes de déshydratation chez les tétraplégiques.
- Les problèmes urinaires chez les paras et tétras.
- L’augmentation du déséquilibre musculaire entre les muscles qui jouent intégralement et ceux qui sont atrophiés ou qu’on ne commande plus.
- La production de toxines dans le corps et la difficulté à les éliminer avec des membres inférieurs inertes.
- La dépense importante de certains constituants de base du corps liés à des efforts mal contrôlés.

Après avoir cité les handicaps concernés et avoir décrit succinctement les matériels, les risques et avantages énoncés seront détaillés dans le contexte où ils sont apparus le plus souvent.

Guy Genin Juin 2002
Révision mars 2003

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Tout sport comporte des risques, mais une personne handicapée qui fait du sport tire tant de bénéfices sur les plans physique et psychologique que « le jeu en vaut la chandelle »! Faire du vélo manuel, c’est affronter les risques du vélo.

Cependant, parce que cette activité sportive en est à ses débuts, on rencontre deux types de problème :

- d’un côté, le matériel proposé présente des risques supplémentaires à ceux du vélo classique… mais ce n’est malheureusement pas un défaut de jeunesse,

- d’un autre, certains handicaps sont susceptibles de créer des problèmes qui leur sont spécifiques, surtout si le cycliste et son entourage n’ont pas conscience de ces problèmes dès le début.

Sans être exhaustif, on peut citer d’expérience :

- La chute avec traumatismes divers, allant des égratignures aux bras et aux épaules jusqu’à l’éclatement du foie et de la rate, en passant par des points de sutures au menton et des dents esquintées.
- Les escarres aux fesses, aux jambes.
- Les problèmes aux jambes (contractures, « fourmis », crampes) et aux pieds (luxation, fracture).
- Les douleurs passagères jusqu’aux tendinites au niveau des bras et des poignets.
- Les douleurs aux membres supérieurs et au rachis dues aux mauvaises positions ou aux déformations.
- Le fait de respirer souvent les gaz d’échappement dans la circulation routière.
- Les problèmes de déshydratation chez les tétraplégiques.
- Les problèmes urinaires chez les paras et tétras.
- L’augmentation du déséquilibre musculaire entre les muscles qui jouent intégralement et ceux qui sont atrophiés ou qu’on ne commande plus.
- La production de toxines dans le corps et la difficulté à les éliminer avec des membres inférieurs inertes.
- La dépense importante de certains constituants de base du corps liés à des efforts mal contrôlés.

Face à ces risques potentiels dont l’apparition dépend surtout de l’insouciance ou de la témérité du (de la) cycliste manuel(le), on trouve des avantages fort attirants :

- Musculation générale développée, donc meilleure autonomie.
- Amélioration du travail abdominal, donc de celui des viscères.
- Anticipation bien plus développée dans les mouvements face aux incidents imprévus.
- Envie d’atteindre ses limites.
- Libération au moins partielle du handicap.
- Bonheur de retrouver des sensations perdues ou de découvrir des émotions inespérées.
- Liberté et plaisir de rouler où l’on veut.
- Joie de faire du vélo « comme les autres ».

Après avoir cité les handicaps concernés et avoir décrit succinctement les matériels, les risques et avantages énoncés seront détaillés dans le contexte où ils sont apparus le plus souvent.

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Handicaps concernés

Beaucoup de personnes handicapées peuvent utiliser un vélo manuel (dit initialement « handbike »).

Très souvent conçus par et pour des paraplégiques, ces vélos ont trouvé preneur chez
- les amputés (jambes),
- les polios;
tous ont vite retrouvé ou découvert les joies de la « petite reine »; vinrent ensuite
- les tétraplégiques,
- les amputés triples (2 jambes et un bras),
- les handicapés divers (multiples, orthopédiques et neurologiques), et
- certains IMC et hémiplégiques.

A noter les essais fait avec des participants qui ne pourront pas être des cyclistes sur route. Cependant ces tentatives apportent une lumière inattendue sur l’impact du vélo manuel :

- Un tétraplégique en C4-C5 a pu, une fois les mains attachées aux poignées, parcourir avec un vélo à guidage par le corps un vaste parking plat en faisant virer son engin simplement par des mouvements de la tête.

- Une jeune fille ne pouvant se promener qu’en fauteuil électrique a pu, après quelques minutes d’essais infructueux, mener le même vélo manuel où elle voulait sur les aires d’un grand salon d’exposition (là encore les mains étaient attachées aux poignées).

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Matériels disponibles

A ce jour, quasiment tous sont des tricycles à propulsion manuelle sur la roue avant directrice.
Il existe 2 types de vélo manuel : l’un à guidage par le corps et l’autre à guidage par la potence.

Celui à guidage par la potence (une vingtaine de fabricants, photo M1) a la stabilité d’un fauteuil roulant, pendant les transferts comme sur la route. Mais, comme la conduite du vélo par la potence se fait simultanément au pédalage effectué avec les mains, il faut à l’handicapé une bonne force dans les bras et les mains ! Ce type de vélo est donc moins bien adapté aux handicaps des membres supérieurs.

Celui à guidage par le corps (2 constructeurs : Freedom, Lightning, photo M2) donne une sensation d’instabilité qui rappelle le vélo à 2 roues, car on fait virer le vélo en basculant légèrement le haut du buste (comme on dirige une bicyclette sans tenir le guidon). Ainsi, comme le corps du cycliste sert à la direction, les membres supérieurs sont totalement disponibles pour la propulsion, ce qui est un avantage pour les handicaps des bras et/ou des mains. Une fois assimilée la technique du guidage, l’atteinte des muscles dorsaux et abdominaux n’est pas un empêchement pour l’utilisation de ce vélo. Qu’elles soient handicapées ou valides, certaines personnes n’arrivent pas à se sentir à l’aise avec cette sensation de basculement.

A noter :

- Tout tricycle, quel que soit l’emplacement des roues directrices et tractrices, comporte un risque au dessus d’une vitesse de quelques km/h : celui de se renverser d’une manière plus dangereuse qu’un vélo à 2 roues (photo M3), ce dernier se couchant sur le côté (sauf choc frontal) alors que le tricycle bascule sur le côté et effectue un tonneau, avec d’abord la tête du cycliste qui heurte très durement le sol puis l’une de ses épaules qui choque le macadam ! D’où la nécessité de porter un casque, même à petite vitesse pour éviter des traumatismes qui peuvent être graves. La chute est encore plus grave si le cycliste est attaché sur le siège.

- A ce jour les vélos manuels sont très bas (photo M4), donc, sur route, il y a nécessité de signaler le vélo par un drapeau suffisamment haut pour être vu par dessus les bas-côtés ou par les voitures qui suivent le cycliste manuel. Autre inconvénient, on ne peut éviter de respirer les gaz d’échappement des voitures et surtout des poids lourds (près de 500 mètres après leur passage).

- Ne pas confondre un vélo manuel avec un handi-cycle (terme identique en français et en anglais). Celui ci est globalement un fauteuil roulant sur lequel on a accroché une roue de vélo qui est à la fois tractrice et directrice. Ici la personne est donc assise les pieds en bas et en retrait de la roue directrice. De plus on roule beaucoup moins vite (à guère plus de 15 km/h alors qu’en vélo manuel on fait de 20 à 30 km/h de moyenne).

- On trouve aussi quelques vélos très différents de conception comme le M5 hollandais sur lequel le cycliste n’est plus assis mais « couché » sur le ventre (photo M5). A part le transfert du fauteuil sur le vélo souvent plus délicat à effectuer et la gestion de la respiration plus difficile pour certaines personnes, la position du rachis, les groupes musculaires utilisés et la stabilité de l’ensemble sont des avantages intéressants.

Quelques adaptations classiques

- Pour les amputations fémorales et/ou tibiales, on dispose de coques non fermées qui permettent de maintenir les moignons; ils n’y sont pas bloqués comme un pied le serait dans une chaussure, mais ils peuvent s’en servir d’appui (photo M6).

- Pour les handicaps de main, on utilise des tissus souples (les classiques peaux de chamois pour tétraplégiques), des orthèses fabriquées à l’aide de plastiques thermoformables (voir photo M7), des poignées de forme spécifique aux malformations ou déformations.

- Pour les handicaps des membres supérieurs, certaines commandes (du groupe dérailleur) qui sont habituellement au guidon des vélos et qu’on trouve avec les vélos manuels sur la potence ou aux poignées sont déplacées au niveau des pieds ou du menton (photo M8).

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Risques existants

Dans tout ce qui suit, il faut garder à l’esprit que faire du vélo dure souvent plusieurs heures, d’abord parce que c’est un grand plaisir, ensuite parce que la sensation de fatigue n’apparaît pas toujours comme on en a l’habitude avec les autres sports. Aussi ce qui serait seulement un petit problème dans un autre sport devient il ici un problème non négligeable.
Les points relevé ci-après sont le reflet de problèmes déjà rencontrés !

- Au niveau des membres inférieurs :

1- Sur tous les vélos manuels à guidage par la potence les jambes sont attachées à la roue avant directrice ! (photo R1) Donc quand on tourne la potence pour virer, les jambes subissent une déformation plus ou moins forte selon que le cycliste fait un virage plus ou moins serré. Donc risque d’escarre par frottement, luxation des ligaments du genou, etc.. Avec les vélos à guidage par le corps, ce risque n’existe pas puisque le corps et la roue directrice forment un seul bloc qui ne tourne pas mais s’incline dans la direction à prendre (photo R2).

2- Sur les premiers vélos manuels, les pieds flottaient dans le vide; sur les actuels il est prévu un U horizontal qui doit maintenir le pied… Il faut faire attention que le pied soit assez enfoncé et maintenu (le talon doit être calé par le bout du U), sinon le pied peut pivoter vers la roue et la pointe du pied se prendre dans les rayons (photo R3), d’où extension des ligaments, voire fracture des petits os ou sinon la jambe peut sortir du U et se replier sous le siège, d’où luxation ou fractures.

3- Pour maintenir la jambe dans le repose-jambe (un U horizontal), il est prévu de une à trois lanières… ce qui fait des points d’appui avec frottements, d’où risque d’escarres surtout quand la lanière qui sert d’appui talon est mal positionnée. Un filet de maintien de la jambe, accroché entre les branches du U, serait une bonne solution au problème.

4- La position très souvent horizontale des jambes n’est pas déjà tellement recommandée. Si, en plus, la personne a des contractures ou si les jambes restent naturellement en flexum, non seulement la position horizontale est franchement mauvaise, mais encore la nécessité de serrer la jambe pour la tendre afin de permettre le passage des manivelles du pédalier entraîne d’autres ennuis : nouveaux points de frottement, risques de provoquer des crampes! (photo R4) Il faut chercher à avoir une position des jambes la plus proche de celle qui offre une sensation de confort. Il manque un maintien des cuisses dans les cas d’atteinte de paraplégie ou de tétraplégie; il faut un maintien mécanique au lieu des actuelles sangles.

5- En constatant toutes ces anomalies, on est porté à croire que l’insensibilité des jambes des paraplégiques et des tétraplégiques ont poussé les fabricants à occulter les problèmes liés au handicap, même pour des notions premières comme la spasticité. On peut dire qu’il est heureux d’avoir des polios sous la main; en effet, malgré leurs différences sur le plan orthopédique, ces handicapés rencontrent des difficultés similaires… Or ils ont, eux, gardé la sensibilité et n’hésitent pas à réagir à chaque fois qu’un problème de ce type se présente.

- Au niveau des membres supérieurs :

1- Les poignées ont des formes et des positions très différentes d’un vélo à l’autre.
L’axe de ces poignées force parfois le poignet à prendre des positions qui provoque des douleurs, même des tendinites, au poignet ou dans le bras.
La forme de ces poignées va du simple tube droit à la poignée préformée. L’une des plus pratiques est celle du Freedom, en forme d’olive (photo R5), car elle s’adapte à toutes les formes et tailles de main (aucune tendinite n’a été constatée avec elle).
On constate que les cyclistes ayant des mains atteintes (déformées ou non) sont gênés par les poignées sophistiquées. Ainsi pour des facilités de préhension avec une main dont les doigts serrent difficilement, une poignée ronde et plate, en matière molle et non lisse (photo R6) est la meilleure solution.
La poignée en U, dite en corne de buffle, ainsi que celle à laquelle sont accrochés des câbles (de frein, de dérailleur), demandent un effort supplémentaire pour la maintenir en bonne position de traction. La puissance de pédalage de l’handicapé(e) se trouve donc réduite d’autant (photo R7).
La poignée préformée, avec les creux pour les doigts, ne correspond pas souvent à la taille de la main, contrairement aux poignées thermoformées à la main du cycliste.

2- La distance entre les axes des poignées est différente selon les vélos et ne correspond pas en général à la morphologie du cycliste manuel. Dans le contexte du loisir, cette distance entre les 2 axes des poignées devrait correspondre à l’écartement des épaules. Les tendinites aux poignets et bras ont souvent pour origine la forme et l’inclinaison des poignées et manivelles.

3- Les manettes de freins et dérailleurs, placées sur la potence ou le siège, oblige le cycliste à lâcher au moins une poignée pour pouvoir manœuvrer ces manettes. Quand le vélo est à guidage par la potence, une seule main reste sur le pédalier pour diriger et souvent pédaler simultanément… un fort risque de perdre la direction surtout à bonne vitesse! (photo R8)
Par contre, ces manettes placées sur les poignées provoquent des usures mécaniques prématurées et sont d’un maniement encore plus difficile pour des mains handicapées. L’idéal à ce jour est un système de commande électronique par bouton poussoir.

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Risques existants (suite 1)

- Au niveau de l’assise

1- L’angle entre le buste et les jambes diffère d’un vélo à l’autre : au début il était de 90 degrés ou moins (buste penché en avant), ce qui pouvait, suivant l’assise, réduire la circulation du sang dans les membres inférieurs, et maintenant il y a aurait tendance à avoir un angle de plus de 100 degrés (buste en arrière, position comme en vélo couché, photo R9), ce qui met le pédalier au-dessus du cœur et demande un certain entraînement avant de pouvoir faire naturellement de grands efforts avec le pédalier (il y a un réel problème avec une côte de plus de 4%); en effet, les groupes musculaires en service sont différents de ceux qui sont utilisés dans les autres inclinaisons du buste, et la respiration comme le rythme cardiaque doivent être adaptés.

2- Dans le cas du siège de type baquet, il y a un inconvénient : l’eau de pluie ou l’humidité de la sueur est retenue sous les fesses, d’où inconfort et augmentation du danger d’escarre pour la peau au niveau des fesses surtout chez les paraplégiques et tétraplégiques. La meilleure solution est un siège constitué d’une toile bien tendue de type filet.

3- Avec des muscles dorsaux et abdominaux diminués ou nuls (paraplégiques et tétraplégiques), le buste a tendance à glisser en avant sur le siège, et l’appui se fait d’autant plus fortement au niveau des fesses, d’où risque d’escarres plus grand. La ceinture de maintien, accrochée au dossier, si elle n’est pas obligatoire pour d’autres raisons, est une solution très dangereuse en cas de renversement du vélo. Il vaut mieux prévoir un blocage avec la potence (mousse résistante entre les cuisses qui se trouvent en même temps, elles aussi, maintenues en bonne position.

4- Des déformations, en particulier de la colonne vertébrale, peuvent entraîner des mauvaises positions (fesses en biais, épaule plus basse que l’autre, buste qui bascule de droite à gauche, etc., photo R10). Il faut corriger au maximum ces anomalies avant de constater l’apparition de douleurs, surtout au niveau du rachis.
Notons ici que le cycliste manuel dont le buste bouge avec les mouvements de pédalage (photo R11) est comparable au cycliste valide qui se met en danseuse pour avoir plus de force, phénomène peu gênant s’il ne dure pas… Mais avez-vous vu un cycliste être en danseuse pendant des dizaines de kilomètres ou pendant toute une balade?

- Particularités chez les paraplégiques et les tétraplégiques

1- Chez les tétraplégiques, le suivi des efforts est bien plus délicat qu’avec les autres handicapés, la cause étant liée au phénomène de thermorégulation.
L’effort « qui donne chaud » n’est pas ressenti chez eux de la même manière que chez les autres personnes; ils doivent donc être très attentifs à gérer ce problème en anticipant le moment de boire et de se rafraîchir.
De même, le contrôle des pulsations cardiaques qui, chez le sportif, est un très bon indice des efforts fournis n’est pas utilisable ici (fréquence cardiaque bloquée à 130 environ) !

2- Dans le cas de paraplégie et tétraplégie, il faut être très vigilant sur 2 points, en particulier pendant les périodes estivales :
* après les efforts fournis, il ne faut pas laisser l’handicapé « baigner » dans sa sueur pour éviter la création d’escarre entre autres aux fesses;
* avant de partir en balade, a fortiori en randonnée cyclotouristique, l’handicapé doit gérer son transit intestinal et urinaire pour ne pas se heurter à des opérations sanitaires impromptues (sans fauteuil roulant ni matériel de rechange) ni subir des conséquences ennuyeuses comme des infections.

3- Ces deux handicaps ne sont pas incompatibles avec l’utilisation d’un vélo à guidage par le corps, contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord. En effet, le guidage ne se fait pas en force, mais au contraire en finesse, l’important étant d’anticiper le basculement pour réduire le mouvement à très peu de chose (voir l’exemple du § Handicaps concernés).

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Risques existants (suite 2)

- Risques moins flagrants

Il y a d’autres risques moins évidents que ce qui précède. Ils sont malgré tout aussi graves sinon plus.

* Le danger de muscler les groupes de muscles sains ou peu atteints au détriment de ceux qui restent fortement diminués. A terme cela entraîne des positions, voire des déformations, anormales et susceptibles de déclencher des douleurs non négligeables. Ceci est d’autant plus regrettable que les mouvements du cycliste sont symétriques, réguliers et normalement harmonieux. Il faut donc faire prendre conscience à ces handicapés de la nécessité de pratiquer ce sport en gardant ces avantages… même si, pour cela, ils doivent perdre quelques km/h en vitesse !

* Les efforts prolongés en cyclisme produisent des toxines dans le corps. Or la position du bas du corps et surtout son immobilité sont à l’opposé des mouvements et positions qui aident à l’élimination de ces toxines. Il faut donc convaincre ces cyclistes manuels de la nécessité d’effectuer un certain nombre de mouvements avant et surtout après une heure ou plus de pédalage, en particulier il faut faire des échauffements progressifs et des étirements, respecter les temps de pédalage pour la récupération en fin de course, utiliser les douches ou bains ainsi que les massages.

* Malgré la courte expérience que nous avons en cyclisme manuel, nous retrouvons déjà les constats bien connus en cyclisme, d’abord sur la nécessité de boire d’une certaine manière, ensuite sur la perte des constituants de base de notre corps. Mais le pire est que tout ceci est encore plus important chez les handicapés que chez les valides car cela se rajoute au(x) handicap(s) de la personne. De plus ces pertes se produisent si discrètement que l’on découvre les problèmes au moment où il devient difficile de les contrer. C’est le propre des efforts d’endurance (en ski de fond, en cyclisme) : une fois lancé en vélo et après avoir pris un rythme de croisière, on ne ressent souvent la fatigue qu’après avoir atteint ses limites alors qu’on la ressent bien plus tôt dans le cas des sports où les efforts se font en résistance.

Là encore, il faut apprendre dès le début (!!) aux cyclistes manuels des notions peu connues comme :

- la diététique de base (par exemple les sacro-saintes pâtes ne sont pas la panacée, et les légumineuses telles lentilles et haricots blancs sont aussi indispensables),

- les nutriments et la manière de les associer à la nourriture courante,

- comment gérer les pertes en oligo-éléments et, en particulier, la dépense importante de fer,

- la nécessité de prendre certains constituants ensemble pour une efficacité maximale (par exemple prendre de la vitamine C en même temps que du fer pour mieux assimiler ce dernier).

- Et avec les enfants…

1- Les vélos pour enfants n’existent pas. Il y en a quelques-uns pour des jeunes.
A ma connaissance, seuls ADHR (fabrication française arrêtée) et TopEnd (américain) ont prévu des vélos manuels pour des jeunes de 10 à 16 ans (ou 12 à 18 selon leur développement physique).

2- Aux risques étudiés ci-dessus, se rajoute l’inadaptation en poids du vélo et en positionnement des accessoires (potence comprise!). Du fait de son handicap, un jeune handicapé aura moins de facilité à prendre un vélo manuel d’adulte qu’un jeune valide qui prend le vélo de papa et qui pédale en danseuse à travers le cadre.

3- Les vélos à guidage par le corps sont moins mal adaptés que les autres.

4- Notons que, pour les balades, les handi-cycles sont souvent plus adaptés, car ils peuvent s’accrocher au fauteuil de l’handicapé et l’ensemble correspond mieux à la morphologie de l’adolescent.

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Risques existants (suite 3)

- Quelques notions générales pour terminer

1- Le risque de chute :
D’abord il faut noter que les vélos manuels utilisés à ce jour sont des tricycles, et que tout tricycle présente un risque plus grand en cas de chute qu’un cycle à 2 roues puisque ce dernier se couche sur le côté la plupart du temps, transformant la chute en glissade, alors que le cycle à 3 roues bascule sur le côté, transformant la chute en tonneau et faisant heurter le sol en premier lieu par la tête et l’épaule puisque le reste du corps est protégé au début de la chute par le cadre du vélo.
Ensuite il faut savoir que ces chutes concernent au minimum le tiers des cyclistes manuels actuels et que certains d’entre eux ont « eu droit » à plusieurs chutes ! Le nombre recensé est sans doute au dessous de la réalité, car seuls quelques uns s’en font gloire (une manière d’exprimer la chance de s’en être sorti avec plus de peur que de mal), les autres « oublient » la chute, l’origine venant souvent d’une faute de leur part (inattention et même inconscience).

2- Les gaz d’échappement des véhicules qui nous doublent : Sur un vélo 2 roues on respire ces gaz pendant 100 mètres environ après le passage d’une voiture, 300 après celui d’un camion. En vélo manuel, on est plus bas (encore plus qu’avec un vélo couché), aussi les distances passent elles respectivement à 250 et 500 mètres ! Si le cycliste est en plein effort (montée de côte par exemple), on conçoit bien le danger que représente ce phénomène !

3- Les paraplégiques et les 2 types de vélo manuel :

Premier constat, ces handicapés préfèrent les vélos à guidage par la potence. Il y a sans doute plusieurs raisons à cela, mais, à travers leurs remarques, on peut considérer que la sensation d’instabilité des vélos à guidage par le corps est la raison la plus profonde. En effet, le type de vélo à guidage par le corps demande des notions d’équilibre assez semblables à celles que l’on développe avec un vélo 2 roues, bien qu’ici le risque de basculement total n’existe pas puisque ce sont des tricycles. Il faut noter cependant que des tétraplégiques apprécient ce type de vélo manuel, une fois qu’ils ont dominé le basculement de l’engin, seul moyen de faire virer le vélo. En échange de cet apprentissage, ces tétraplégiques y trouvent le grand avantage de voir leurs forces restantes du haut (buste et bras) utilisées exclusivement à la propulsion. Aussi peut on s’étonner des réticences des paraplégiques. Sans doute le fait de pouvoir se servir du buste pour à la fois propulser et diriger l’engin évite à ces derniers de lutter contre la difficulté à situer leur corps dans l’espace (par manque de sensations de type kinesthésique).

Deuxième constat, ces mêmes handicapés recherchent les positions les plus allongées pour, disent ils, aller plus vite (meilleure pénétration dans l’air). Ne serait ce pas en réalité pour se sentir encore plus stable ? De plus ces positions amènent à faire des mouvements plus proches des poussées d’haltérophilie (travail en résistance) que des pédalages avec appui constant (travail en endurance).
Il est intéressant de constater que les noms donnés à ces vélos ne sont pas si éloignés des notions évoquées ci dessus :
- le vélo à guidage par la potence n’est qu’un handi-cycle monobloc (cycle pour handicapé, nom donné au système de propulsion, constitué d’un pédalier entraînant une roue, qu’on accroche sur le devant d’un fauteuil roulant);
- le vélo à guidage par le corps (handcycle, cycle à main ou manuel) est bien un vélo à propulsion avec les mains en lieu et place des pieds. Que le cycliste soit valide ou handicapé, ce vélo offre des sensations très semblables au vélo classique, ce que ressentent bien les valides qui l’ont essayé.

4- Les positions du cycliste manuel et les évolutions de matériel proposées

Première remarque : Au cours de la présentation des risques liés à la pratique de ces vélos manuels, j’ai fait des propositions d’améliorations soit du matériel lui même, soit des positions du cycliste. Il est bien entendu que ces suggestions sont faites dans l’optique d’une pratique en loisir, puisqu’il est connu que la compétition, et encore plus le haut niveau, pousse à faire des choix a priori peu recommandés et qui n’ont de sens qu’avec un contexte et des entraînements spécifiques, ces derniers n’existant pas en loisir.
L’exemple typique est la position allongée du cycliste manuel puisqu’avec un entraînement adéquat on obtient une vitesse maximale, alors qu’en promenade ou avec de bonnes côtes c’est la galère.

Deuxième remarque : Il faut constater que les anomalies, et plus encore les erreurs de conception, à l’origine des risques détaillés dans ce document, ne sont le fait ni du cyclisme ni du vélo. Ces anomalies et erreurs viennent simplement des choix faits pendant la conception de ces vélos manuels. Ce qui est regrettable, c’est que ces défauts, préjudiciables surtout aux paraplégiques, se retrouvent la plupart du temps sur des vélos créés par des paraplégiques, qu’ils soient concepteurs ou « expert » auprès du concepteur.

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Intérêts de cette pratique

Outre l’aspect ludique et l’immense joie de retrouver d’anciennes sensations qu’on ne croyait plus jamais ressentir, la pratique du vélo manuel présente de nombreux avantages sur le plan musculaire, viscéral, et mental qu’il est bon de relever.

Au niveau rééducation :

- Bien évidemment il y a le côté musculation du buste et surtout des bras qui, en se développant, offrent de nouvelles possibilités en dehors du vélo pour les transferts, le déplacement du fauteuil roulant, le passage d’obstacles, etc.; ce travail est plus attractif et donne de meilleures réussites que les heures en salle de gymnastique.

- Il y a aussi l’obligation d’apprendre à dominer sa respiration, ce qui est utile à bien des titres (en cas d’efforts prolongés dans la vie courante, pendant des périodes de douleur, etc.).

- Les personnes atteintes au niveau médullaire constatent le « travail » des muscles abdominaux et dorsaux qu’elles ne commandent plus et qui sont déclenchés par les mouvements du buste. Cela ne peut être que bénéfique pour les viscères.
- Plutôt que de zigzaguer sur place, l’envie de rouler avec le vélo manuel pousse certaines personnes à « se dépasser » comme cette jeune fille hémiplégique qui n’arrivait jamais à faire travailler son bras droit, même en rééducation (sic!), et que nous n’avons emmenée sur les routes qu’à la condition que ses 2 mains soient sur le pédalier (ne fut ce que pour accéder aux freins)… ce qu’elle a réussi en quelques minutes : son bras handicapé recommençait à travailler.

- On constate aussi que la plupart des sports FFH proposés sont des sports de résistance, alors que le vélo manuel qui est du cyclisme est un sport d’endurance. A condition d’avoir un bon encadrement, la pratique de ce sport est un énorme atout sur le plan physique.

- Comme tout sport, le cyclisme manuel développe la coordination des mouvements, même quand ils se font en force, et l’anticipation face à des incidents de parcours, d’autant plus que la vitesse est grande.

Au niveau psychologique :

- Si le fauteuil roulant a libéré la personne handicapée de son appartement, le vélo manuel, lui, permet à cette personne de se libérer de la ville pour faire des balades « comme les autres » en famille ou entre copains, du tour du village à la randonnée cyclosportive avec mille mètres de dénivelé.

- Le vélo manuel, même utilisé dans un cadre restreint, permet de se libérer de son handicap et surtout de faire les efforts nécessaires pour réussir cette libération, toute temporaire qu’elle soit (voir les cas précédemment cités).

Futures évolutions

Des évolutions extrêmement importantes sont prévisibles… qui changeront la structure et les possibilités de ces vélos manuels… et ceci amlgré une très forte réticence d’un bon nombre de cyclistes manuels qui sont la plupart du temps des paraplégiques. Pour une fois, ce ne sont pas les innovations qui nous manquent, mais c’est l’ouverture d’esprit des cyclistes potentiels qui fait défaut !

Plusieurs risques parmi les plus importants seront éliminés par les évolutions suivantes :

- D’abord on passera du tricycle au classique 2 roues. Des prototypes existent : d’origine américaine, puis hollandaise (?), ils sont maintenant allemands.

- Ensuite on acceptera la propulsion simultanée bras et jambes quand cela est possible (comme avec le vélo anglais Quadpad).

- Enfin au niveau des bras on se servira d’un pédalage asynchrone (les manivelles sont en opposition sur la potence) plutôt que du pédalage synchrone initial qui présente des inconvénients (rythme respiratoire perturbé, fatigabilité plus rapide).

Guy Genin Juin 2002
Révision mars 2003

Quelques aspects médicaux en cyclisme manuel

Récapitulatif des diapositives

Matériel:
M1 Vélo manuel à guidage par la potence
M2 Vélo manuel à guidage par le corps
M3 Chute en vélo manuel
M4 Forme surbaissée du vélo manuel type 2001
(M5) Position inhabituelle d’un vélo manuel allemand
(M6) Coque de maintien pour un moignon de fémur (vélo à 2 ou 3 roues)
M7 Orthèse pour maintien de main handicapée
(M8) Commande de dérailleur par le pied

Risques :
R1 Jambes attachées sur la roue avant directrice bloquant la direction !
R2 Jambes attachées sur la roue avant directrice, mais indépendantes de la direction
R3 Risque de pied dans les rayons
R4 Passage des manivelles et difficulté de tendre les jambes
R5 Poignée ergonomique (paume centrée sur l’axe de la pédale dans toutes les positions)
R6 Poignée pour préhension manuelle difficile
R7 Poignée en cornes de buffle
(R8) Difficulté pour passer les vitesses avec les manettes au guidon
R9 Vélo manuel style vélo couché
R10 Position anormale du buste
R11 Bascule du buste pendant le pédalage (il frôle le pédalier)