Bonjour à tous,
Vendredi – J’ai très bien dormi dans ma petite chambre, bien au chaud et bien confortable. Malheureusement, la météo me joue encore des tours puisqu’il faisait un temps merveilleux en me couchant et maintenant tout le ciel est couvert.
Je pars à 10h00 (heure locale) en direction de Sodankyla, a plus de 120 kilomètres de là. Je n’ai pas trop le choix car la région n’est pas très peuplée et il n’y a donc pas beaucoup de villages, ni de campings. Le relief n’est pas trop contraignant, mais en revanche je suis très vite rafraîchit par une bruine qui s’intensifie dès que j’enfile mon équipement de pluie. A quelques reprises, de petits rayons de soleil me réchauffent avant de laisser place de nouveau à de la bruine. Je prends mon déjeuner rapidement entre deux gouttes de pluie, je change de T-shirt pour un tout propre, tout sec et repars tout de suite de plus belle pour pédaler l’autre moitié de mon parcours. Devant moi, le ciel semble enfin se découvrir et je décide donc d’enlever mes protections de pluie. En se faisant, je m’aperçois de l’état du ciel derrière moi. Celui-ci est d’un sombre à faire peur mais je fais le choix de continuer tout en priant pour qu’il ne se mette pas à pleuvoir une nouvelle fois. Quelques minutes plus tard, je reçois une goutte puis deux… Avec l’état du ciel, j’opte cette fois pour la prudence et me protège de façon adéquate. Très vite, la pluie me fait entendre raison et les gouttes se font de plus en plus insistantes. Le relief est très plat et je peux donc continuer à avancer à vive allure. Un éclair cisaille le ciel et le tonnerre se met immédiatement à résonner dans les nuages… La lumière devient alors ténébreuse et c’est des litres d’eau qui s’abattent soudain sur moi… Je ne vois plus à 10 mètres devant moi, le bruit de la pluie qui s’écrase sur la chaussée me rend sourd à tout autre bruit. Il y a déjà 2 centimètres d’eau parterre. Je suis obligé de tenir le col de ma veste serré dans les dents pour empêcher l’eau de pénétrer par le col. Je sens les premières gouttes qui malgré mes protections passent dans les manches et le long de ma fermeture éclair. Il n’y a rien à faire… Il faut juste serrer les dents et attendre que l’orage passe. 15 minutes ont passé et il commence à s’éloigner pour laisser derrière lui un ciel bleu et un soleil très apprécié. Il me reste 40 kilomètres, mais il ne semble plus y avoir de menaces orageuses.
J’arrive à 20h00 à Sodankyla bien content d’avoir atteint mon but. Je demande si le réceptionniste vend des petits snacks, ce qui me permettrait de reprendre un peu des forces pour monter ma tente. Mais non ! Je décide donc de vite monter ma tente pour me préparer le dîner. Quelques minutes plus tard le réceptionniste vient me voir et m’offre par hospitalité un panini que j’engloutis gloutonnement mais avec délicatesse. Ma journée est terminée et il faut que je me repose pour être en forme pour l’étape du lendemain.
Samedi – Vais-je être capable de faire ainsi que je le prévois les 130 kilomètres qui me séparent de Rovaniemi ?
Pour ce faire, il faut que je me prépare rapidement. Après la dure journée de la veille, j’ai tout de même du mal à partir avant 10h30. D’autant plus que je rencontre une nouvelle contrainte qui altère le confort de mon voyage. Après les insectes et les moustiques, le climat et la pluie, le relief et les montagnes, voici mes pieds et leur odeur. Effectivement, le fait d’avoir les chaussures souvent mouillées, à cause de la pluie, et d’être obligé de les enfiler le matin avant d’attendre qu’elle ne sèche ne pardonne pas. Je ne peux plus passer le nuit avec mes chaussures sous la tente, elles sont obligées de dormir dehors vite rejointes par mes chaussettes qui ne durent pas plus d’une journée. Je profite des quelques moments de soleil pour retirer mes chaussures et les aérer sur la remorque en espérant que ça réduise les odeurs !
130 kilomètres, c’est très long et heureusement que le relief ainsi que le climat ne me sont pas défavorables. La E75 que je suis déjà depuis Inari est de plus en plus encombrée à l’approche de Rovaniemi. Juste avant d’arriver, je passe le cercle polaire. Celui-ci est un peu plus animé que la fois précédente. Peut-être justifié par la présence de la maison du père Noël. Je n’ai cependant pas le courage de m’arrêter pour le visiter aujourd’hui, il est déjà 19h00 et je ne souhaite qu’une chose : arriver.
C’est 10 kilomètres plus tard que je parviens enfin à boucler mon étape. Je m’installe après ces deux journées épuisantes et un cyclotouriste vient se présenter. Il est français s’appelle Thomas et est accompagné de sa femme roumaine Claudia. Ca me fait le plus grand bien de partager ma journée en français. Après une bonne douche régénératrice, nous décidons d’aller boire une bonne bière finlandaise en ville. Le temps de cette bière, j’oublie un instant le vélo et nous partageons toute la soirée nos expériences. Je m’endors un peu saoule mais heureux et surtout exténué. Dimanche, je fais une pause !
Et quelques photos de l'exploit :
